Contre-motion à la motion n°9 2014 (ETPICS 57)

Argumentaire

Le syndicat ETPICS 57 Nord Sud a pris connaissance, avec intérêt, de la motion présentée par le SINR 44 concernant un rapprochement éventuel avec le secteur dit fédéraliste de la CNT AIT.

Toutefois, et pour plusieurs raisons, notre syndicat présente cette contre motion afin de palier au manque criant, selon notre point de vue, d’un argumentaire à la hauteur des enjeux pour les courants anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires à la vue de la situation historique actuelle. Ce manque d’analyse ferme les portes à une construction en phase avec les réalités traversées, pour ne pas dire subies, de notre organisation et des courants qu’elle représente en tant qu’organisation syndicale spécifique. S’il est évident, et nous y reviendrons plus bas, que cette réalité, faite de reculs des luttes sociales et de dépolitisation croissante des classes populaires, touchent l’ensemble des organisations syndicales et politique se réclamant de la transformation sociale, de la solidarité internationale et de la lutte des classes, nous ne saurions nous satisfaire de cette seule réponse sans tirer un bilan de notre action et de l’état de l’organisation ces deux dernières décennies. Soit depuis la scission de 1993 qui a été de fait, un « aggiornamiento » syndical de l’ASSR en décidant de la participation aux élections professionnelles dans le privé.

Pour le secteur qui donnera naissance à la CNT-F, le choix de se présenter aux IRP afin de pouvoir protéger nos militant-e-s nous a permis de construire des sections syndicales d’entreprises, d’acquérir des pratiques et des connaissances et de donner une visibilité à notre projet syndical. Nous avons caressé l’espoir de devenir, si ce n’est le pôle de recomposition du syndicalisme de classe, autogestionnaire et d’action directe, du moins une organisation influente dans le paysage syndical français, en capacité de porté des luttes dans des secteurs ultra précarisés tout en ayant une dynamique de développement basée sur des initiatives propres révélant si ce n’est un caractère de masse du moins un caractère certain. La CNT-F s’est développée, vite, très vite. Trop vite ? Probablement. Cependant, cette partie de notre histoire s’est produite au moment où une nouvelle phase s’est ouvertes pour le Capitalisme, liée à deux facteurs majeurs : son état d’évolution intrinsèque et la chute du mur qui a modifié le paysage géostratégique mondial, et fait (ré) apparaître de nouveaux acteurs sur la scène internationale.

La CNT-F s’est développée, vite, très vite. Trop vite ?

Probablement. Cependant, cette partie de notre histoire s’est produite au moment où une nouvelle phase s’est ouvertes pour le Capitalisme, liée à deux facteurs majeurs : son état d’évolution intrinsèque et la chute du mur qui a modifié le paysage géostratégique mondial, et fait (ré) apparaître de nouveaux acteurs sur la scène internationale.

État structurel du Capitalisme ici et ailleurs….pour faire court

Depuis le début des années 2000, le MEDEF est en pleine offensive afin de faire progresser le concept de Refondation Sociale théorisé par Denis KESSLER. Selon lui, « il s’agit de défaire point par point le programme du Conseil National de la Résistance de 1944 » (Challenge, 4/10/2007).

Pour le patronat français, l’heure est venue de récupérer tout ce qu’il a du céder il y a 70 ans. Il voit comme une opportunité sans précédant la disparition de toute la génération ayant participé aux luttes ouvrières du siècle passé. Le développement de la consommation de masse et des moyens de communication, « l’amélioration » du contrôle social des individus et leur abrutissement grâce aux médias ont permis de créer une société aseptisée. L’échec historique du bloc soviétique et du socialisme autoritaire est venu renforcer la stratégie de dénigrement systématique de toutes alternatives économiques politiques, sociales, environnementales émancipatrices au modèle capitaliste ambiant : État restreint à ses fonctions régaliennes, ultra libéralisme, flexibilité totale, guerres pour s’approprier ressources stratégiques et/ou débouchés économiques aux conséquences de plus en plus dramatiques partout dans le monde….du moins pour les classes populaires.

Les gouvernants et responsables économiques ne sont jamais inquiétés pour leurs agissements, car toujours protégés soit par leurs armées aux capacités de destructions inégalées dans l’Histoire de l’Humanité, soit par un système policier ultra sophistiqué.

Pour ce faire, en France, le Capital a organisé, durant près de 15 ans, grâce à ses relais médiatiques (Lagardère, Bouygue, …..), une guerre de mouvement idéologique afin de déporter le débat sur des terrains lui permettant de créer une ambiance de sinistrose, ne laissant place à aucune autre perspective : montée de l’insécurité et guerre contre le terrorisme ont alimentés la presse durant les 15 dernières années.

La crise financière de 2008 a vu les Etats venir au secours des banques qui se sont servies allégrement sans aucune riposte de classe…. bien que les grèves de 2010, malgré la défaite, atténuent ce propos.

Confrontés à une crise sans précédent au niveau mondial, tant économique que politique ou écologique (raréfaction des matières premières, manque de débouchés et ce malgré l’obselance programmée, conflits un peu partout sur la planète, affaiblissement politique du système de domination par la démocratie représentative, corruption éhontée, montée des extrêmes droites et des fanatismes religieux, ….,), l’Etat et le Capital Français n’ont d’autres choix que d’accentuer leur propagande idéologique et leur répression policières afin de contraindre les classes populaires.

Obnubilée par la chimère de l’intervention étatique afin de réguler le capitalisme, la gauche gestionnaire, si utile aux capitalistes afin de boucler la boucle, finie sa phase de décomposition et d’implosion : elle termine le travail de libéralisation totale du marché français engagé par elle même en 1997 en contradiction complète avec ses promesses de campagne. Les sentiments de trahison, d’impuissance, de désespoirs et de résignations n’ont jamais été aussi fort dans les classes populaires. La montée de l’extrême droite ne se fait pas seulement qu’avec l’iceberg émergé du Front National mais également et surtout avec une pénétration de ses idées jusqu’au sein de la gauche de droite aujourd’hui au pouvoir.

Cette séquence, que nous le voulions ou non, nous impacte directement car elle laisse un vide du politique dans le débat « public » et se place de fait comme une pierre angulaire dans l’évolution de la situation qui est de plus en plus catastrophique. A tel point que beaucoup en sont à se demander quand un gouvernement d’unité nationale verra-t-il le jour sous couvert d’une justification que nous, Hommes et Femmes du Peuple, n’aurions jamais la cruauté d’inventer, et de ce fait encore insoupçonnable ? Nous pourrions même nous demander quel bloc impérialiste fera sauter l’Humanité et la planète le premier tant les scènes surréalistes se succèdent au jour le jour ?

État du mouvement social, de l’ASSR et des CNT

Les taux importants d’abstention aux différentes élections politiques montrent que toute la population n’est pas favorable à ce basculement mais l’absence d’un mouvement social puissant, ou du moins d’une dynamique initiée par les minorités agissantes des classes populaires pour y arriver, empêche toute perspective pour l’heure. A l’International, la situation est variable en fonction des pays mais, malgré nombre de mouvements sociaux à travers le monde, aucun pays n’a vu la victoire des forces révolutionnaires se faire. Il peut y avoir des progressions, des résistances, mais pas de victoire. Au contraire, les forces réactionnaires progressent dans de nombreux endroits et l’émergence de nouveaux blocs capitalistes favorisent les conflits entre les États et l’affaiblissement des luttes émancipatrices. C’est mentir que d’affirmer le contraire.

Le travail idéologique de la classe capitaliste couplé aux défaites ouvrières de 2003, 2007 et 2010 favorisent les replis sectaires. Chaque chapelle veut avoir raison et le nombre de plus en plus restreint de militant-e-s dans le mouvement social accentue encore plus ce phénomène. C’est le serpent qui se mord la queue. Moins il y a de victoires, moins il y a de militant-e-s, moins il y a de dynamiques, moins il y a de luttes, donc moins il y a de victoires. Croire que la paupérisation croissante de la population l’amènera à s’organiser automatiquement pour la Révolution Sociale est une erreur stratégique énorme qui ne peut profiter qu’à nos adversaires. Il y a une différence fondamentale entre être Révolté, qui consiste à ne pas se satisfaire de sa situation individuelle tout en acceptant les codes et valeurs du système dominant et être Révolutionnaire, qui consiste à l’état de conscience des processus de développement, de fonctionnement et d’analyse de ce qu’est le capitalisme en tant que système et que classe afin de lui opposer un plan coordonné afin de le détruire et de le remplacer par un système qui pour nous doit être Communiste et Libertaire et issu du syndicalisme afin d’organiser au mieux la future société tant économiquement que politiquement.

A titre d’exemple, la Grèce, qui a vécu des phases insurrectionnelles importantes, n’a pas vu la révolution se faire car il manque, à notre sens, une structure syndicaliste révolutionnaire de masse afin de pouvoir opérer le basculement et mettre à bas l’Etat. Pour le dire autrement, au vu de son affaiblissement, si l’Etat Grec n’est pas tombé, ce n’est pas tant grâce à l’appui de ses alliés de l’Union Européenne que par la faiblesse de notre courant qui est quasiment inexistant las bas. Les insurectionnalistes sont confrontés à leur faiblesse organisationnelle, car ils ne sont pas en mesure de présenter un plan cohérent d’organisation de la future vie sociale à la population. Cette situation permet le maintien de courants autoritaires tel que le KKE ou la recomposition du réformisme au sein de Syrisa. L’extrême droite perce et seule l’histoire récente de la Grèce empêche à notre sens un basculement vers la réaction.

Pour en revenir à la France, les brèches ouvertes dans les conquêtes sociales sont également dues à la faiblesse du syndicalisme de classe qui n’a pas su faire son unité ni assurer son développement en se dotant d’outils de qualité permettant au maximum de militant-e-s de se former aux pratiques de démocraties et d’actions directes lorsque la fenêtre de tir s’est présentée à partir de 1993 jusqu’à 2003-2006. Le désaveu grandissant vis à vis des centrales syndicales classiques, empêtrées dans la cogestion et la collaboration de classe (systèmes paritaires, financement des OS et permanentat), et donc leur refus d’organiser la lutte sociale nous a profité quelque temps, permettant à la CNT-F, comme nous le disions plus haut, de se développer. Solidaires en a également bénéficié.

Nous pensons qu’il est important de discuter ici de cette organisation car elle se place, en tant que syndicat alternatif et pour nombre de ses structures, sur le terrain de la lutte des classes, du moins dans ses velléités et ses positionnements. Nous la rencontrons régulièrement lors de rencontres internationales, preuve en est nous avons des partenaires communs et donc, de fait, des analyses communes. Elle compose ce que nous pouvons appeler la « gauche syndicale » avec des secteurs importants de la CGT et dans une importante moindre mesure des secteurs de FO et de la FSU, avec, pour les syndicalistes de classes adhérents dans ses OS de véritables problèmes et incohérences idéologiques et stratégiques. Elle aspire autour d’une dialectique de lutte et de conflictualité sociale à être un pôle de recomposition du syndicalisme de classe, lorgnant sur cette gauche syndicale qui regroupe dans ses composantes nombres d’ASSR faisant le choix d’être dans des organisations dites de masses bien que le taux de syndicalisation extrêmement faible relativise terriblement ce qu’est « être de masse » . Toutefois, son manque de projet de société affirmé, au delà de certains postulats et son refus de se Confédéraliser, favorisent les corporatismes et donc sa bureaucratisation. Elle voue, à terme, Solidaires à l’échec.

Concernant la CGT, qui est l’organisation historique de la classe ouvrière française, sa bureaucratisation totalement verrouillée empêche tout retournement historique. Seule la non existence d’une organisation ASSR, si ce n’est de masse, du moins dynamique, en mouvement et dotée de perspectives revendicatives immédiates empêche, à notre sens, leur départ. Si le manque de formation de qualité et le verrouillage systématique par le biais d’une structure au fonctionnement ultra hiérarchisée empêchent l’émergence au sein de la CGT d’une nouvelle génération militante consciente de ce que doit être un syndicalisme de classe, force est de constater qu’il y existe un vivier important de travailleurs et travailleuses qui sans le savoir pratiquent un syndicalisme ASSR dans leur entreprise. Il est difficile à quantifier mais pour l’heure, ce sont bel et bien des sections CGT qui animent les conflits les plus durs du pays à quelques et rares exceptions près.

Venons en aux CNT. La situation n’a jamais été aussi ubuesque avec 4 organisations se revendiquant du même sigle et issues du même tronc. La scission de 1993 s’est faite sur une différenciation d’analyse de la phase historique dans un contexte d’irréfragabilité syndicale.

Si ce contexte est aujourd’hui désuet et ce depuis la loi de 2008, force est de constater que le replis numérique et idéologique du syndicalisme en général et de l’ASSR en particulier nous font analyser les élections professionnelles, et ce avec tous les défauts intrinsèques à ce qu’elles sont en tant que délégations représentatives, comme la possibilité de maintenir une présence au sein des entreprises et de protéger les militant-e-s syndicaux/syndicales. La volonté du gouvernement et du MEDEF d’accroître les seuils sociaux afin d’affaiblir les implantations syndicales est une preuve flagrante de cette réalité. Si la participation aux élections professionnelles dans les années 50 pouvait être vue comme une compromission voire une trahison alors que la période se prêtait à une poussée des luttes et une percée du syndicalisme, aujourd’hui, notre faiblesse nous oblige à y aller. C’est une réalité au risque d’en décevoir certain-e-s, mais nous connaissons très peu de personnes motivées pour se faire licencier en créant une section syndicale, alors si en plus on leur ôte toute possibilité de protection, nous pouvons être sûr que personne ne nous rejoindra. Par ailleurs, si le nouveau droit au RSS nous offre la possibilité de créer des points d’appuis et une visibilité au sein des boîtes, il est difficile pour un seul camarade de tourner au sein d’une entreprise comptant un nombre importants de salarié-e-s. Tous les syndicats de la CNT pratiquant dans les entreprises le savent. Nous le constatons quotidiennement dans les boîtes où nous sommes implantés, notamment dans le privé où la situation est différente du secteur public. Concernant ce dernier, le congrès de 2008 avait par ailleurs adopté une position juste en laissant le soin aux fédérations d’industries de se positionner quand à leurs éventuelles participations car elles sont au plus près du terrain et donc par ce fait les plus à même de définir leurs motivations et leurs stratégies. Si le droit de grève est assujetti à la représentativité la CNT devrait-elle s’interdire d’y participer ? Croyons nous que la situation actuelle favoriserait une transgression de la part des travailleurs et travailleuses d’une telle loi ? Souhaitons nous être à la remorque d’une autre organisation syndicale sans être en capacité de porter nos propres revendications ? Le fait que certaines fédérations telle la FTE aient réaffirmé récemment leur refus de participer aux élections n’a pas pour autant écarté des questions essentielles, notamment concernant le lien qui existe entre représentativité et droits syndicaux. La FTE s’est ainsi gardée la possibilité depuis son congrès de 2012 de faire évoluer cette position en fonction de la réalité de ses luttes et de son implantation, laissant ainsi la possibilité à des perspectives futures visant à pallier un possible échec de la stratégie actuelle.

Cette analyse crée un fossé important entre nous et l’AIT. Aussi important que celui du permanenta syndical qui a été à l’origine de la scission consumé lors du congrès de Metz. Scission aux conséquences autrement plus importantes car au lieu de voir un renforcement de la CNT-F, nous assistons à son affaiblissement, jour après jour. Notre organisation est en incapacité de porter des initiatives et des projets propres créant des dynamiques, ses équipes militantes sont fatiguées et éprouvées, elles ont du mal à se renouveler voire ne se renouvelles pas du tout et disparaissent. D’autres, sections ou syndicats, nous quittent pour la CNT-SO. Et encore, nous ne parlons pas des nombreux camarades partis à Solidaires. Comme dit plus haut, nous nous refusons à mettre cet état de fait sur le compte de la seule morosité ambiante, nous comparant aux autres organisations du mouvement social. La lutte des classes est faite d’une dialectique historique dans laquelle les forces révolutionnaires, leurs analyses, leurs orientations, leurs décisions et leurs actions influent ou non sur le cours des événements en fonction de leurs justesses. Force est de constater que nous sommes passés d’une organisation en capacité, malgré les inévitables conflits liés à toute organisation humaine, de participer et d’initier des luttes et des projets à une organisation en difficulté sévère et aux points d’implantations de moins en moins nombreux et nombreuses.

Par ailleurs, nous pouvons constater que la stratégie de la CNT-SO lui permet tout de même de mener des conflits dans certains secteurs, tout relatifs qu’ils soient et avec toute la mesure que nécessite la réalité. Nous n’en sommes aujourd’hui pas capable : c’est un implacable constat. De même, nos outils sont en reculs, notre presse est dévastée, notre activité faible, surtout dans sa dimension interprofessionnelle.

Pourquoi sommes nous contre la motion présenté par le SINR 44 ?

sous la forme dont il l’a présente ?

En premier lieu, parce que parler de rapprochement avec la seule CNT AIT nous semble être une erreur stratégique majeure. Si nous voulons créer une nouvelle dynamique et un nouveau cycle de développement pour la CNT-F, nous permettant de ravoir de l’ambition sur le terrain de la lutte de classe, nous pensons qu’il est important d’ouvrir cette perspective à l’ensemble des 4 CNT, conscients des difficultés évidentes que cette démarche engendrerait au vu des disparités entre une CNT AIT qui a basculé sur des bases anti syndicales totales, une CNT AIT restant sur un positionnement anachronique au vu des réalités sociales d’aujourd’hui, d’une CNT-SO dont le compromis sur le permanenta crée un véritable clivage avec notre histoire et notre CNT-F qui peine à se remettre d’un conflit qui l’a miné pendant plus de dix ans.

En second lieu, nous pensons que tout rapprochement doit se faire sur du fond, or la motion du SINR 44 ne pose que des affirmations approximatives faites de « il semblerait que » sans tracer aucune perspectives stratégiques de développement. Il nous cite en exemple les cortèges communs fait à Paris et au Mans. Si nous ne pouvons que nous réjouir de ces démarches unitaires, il ne faut pas non plus les mythifier. Les CNT AIT ne pèsent absolument rien dans le paysage syndical, leur stratégie les mettant d’emblée en échec en ce qui concerne l’implantation syndicale. Les évolutions récentes du secteur fédéraliste ne pourront que les amener vers le positionnement que nous adoptons actuellement. De plus, la motion du SINR 44 ne va pas dans le sens de notre analyse sur la réalité de l’éclatement de l’ASSR et du fait que de nombreux et nombreuses militant-e-s syndicalistes se réclamant de ces courants se retrouvent ailleurs qu’au sein d’une des CNT.

Enfin, nous précisons que cet argumentaire ne saurait être exhaustif tant la situation est pour l’heure complexe. Nous invitons l’ensemble des syndicats de la CNT-F à se saisir de cette question afin d’avoir un débat riche sur ce sujet essentiel pour notre avenir.

Le sens de notre contre motion

Considérant que la réalité de la situation de mouvement social, comme du courant ASSR, est aujourd’hui catastrophique, il nous semble qu’il est nécessaire d’éviter tout repli idéologique en n’invitant à discuter que la seule CNT AIT, et encore une partie seulement. A contrario nous sommes favorables à l’ouverture d’échanges avec l’ensemble des CNT sur des axes de réflexions touchant aux stratégies d’implantations et de développement syndical.

Nous pensons que lors des deux prochaines années, il est nécessaire d’organiser ce que nous pourrions appeler des États Généraux de l’ASSR.

Réunissant les syndicats des 4 CNT dans le cadre de conférences nationales publiques visant à créer une dynamiques. Celles-ci auraient pour objectif de faire un état des lieux sur les points de clivages comme sur les points de rapprochement au sein de notre courant, et cela afin de chercher quelles perspectives communes pourraient conduire à l’unité des anarcho syndicalistes et des syndicalistes révolutionnaires.

Soyons clairs, il est évident que la tenue d’un congrès de réunification de la CNT se pose à l’horizon de cette démarche.

Contre Motion

La CNT-F prend acte de l’éclatement actuel de l’organisation historique de l’anarcho syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire français.

Au vu de la situation politique, économique, sociale et environnementale qui voit l’accélération de la destruction des toutes les conquêtes sociales du prolétariat, de l’affaiblissement des ses structures de classes et des dangers irréversibles et imminents que fait peser le capitalisme, tant à l’échelle de la France qu’internationale, la CNT-F estime urgent d’engager un rapprochement des 4 CNT existantes dans le pays afin d’échanger sur les sujets de fonds concernant sa désunion.

Aussi, proposons nous d’étudier les points de rapprochements et de divergences concernant les 4 CNT à savoir :

  • Stratégie de développement tant industriel qu’interprofessionnel

  • mode de fonctionnement de nos structures syndicales respectives

  • positionnement sur la question du mouvement social et de la question de l’unité

  • adaptation à la loi de 2008 dans le privé

  • Salariat / permanents techniques/ permanenta syndical

  • Élections dans le public

Ainsi, le congrès donne mandat au bureau confédéral afin de coordonner l’organisation de conférences nationales qui réuniraient les syndicats des 4 CNT afin de:

  1. Échanger sur les thématiques :

    • Stratégie de développement tant industriel qu’interprofessionnel

    • mode de fonctionnement de nos structures syndicales respectives

    • positionnement sur la question du mouvement social et de la question de l’unité

    • adaptation à la loi de 2008 dans le privé

    • Salariat / permanents techniques/ permanenta syndical

    • Élections dans le public

  2. Permettre la mise en place de campagnes communes sur des thèmes d’actualités pour les classes populaires : conditions et temps de travail, salaires, code du travail, protection sociale, répression, antifascisme…

  3. Se diriger progressivement, et cela au regard des échanges de fond, vers un congrès de réunification des CNT.

Votes

Nom

Pour

Contre

Abstention

Ne prend pas part au vote

Contre-motion à la motion N°9 2014

ETPICS57

Décision du congrès

Acceptée/Rejetée