Disparaissez les ouvriers

Fiche technique

Réalisation:Christine Thépénier à l’image et Jean-François Priester au son
Montage:Christine Thépénier
Montage son:Raphaël Girardot et Jean-François Priester
Musique:Reinhold Friedl
Mixage:Jean-Marc Schick.
Etalonnage:Herbert Posch
Coproduction:Iskra & Garantisanspigeon
Prodution:Viviane Aquilli
Distribution:Iskra

Avec la participation du Centre National du Cinéma et de l’image animée et le soutien de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

France - 2011 – 78 minutes - couleur - son stéréo – sélection Festival des films de femmes de Créteil. 2012

Présentation

En dépit d’une situation de quasi-monopole, l’usine Legré-Mante a fermé.

Grâce aux témoignages des ouvriers qui ont occupé les lieux pendant 4 mois, on découvre les raisons plus que probables de cette fermeture annoncée, et les moyens consternants employés pour y parvenir. Un témoignage éloquent sur la situation du monde ouvrier.

Le cas de l’usine Legré-Mante est pour ainsi dire un cas d’école. L’incarnation spectaculaire du face à face entre le monde ouvrier, héritage d’une notion du travail à visage humain, et les « contingences » d’une société qui a changé d’objectif et d’idéal…

Prenez une usine dont la production ne connaît pas de concurrent sur le territoire, ni même dans le monde. C’est un leader de la production d’acides tartriques… Mais voilà que cette usine d’un quartier de Marseille est située pile en face de la mer, non loin d’un petit bois.

Une zone « vierge » au pied même du futur « Parc des Calanques »…

L’équation est dès lors limpide : comment faire pour que cet outil de travail au fort potentiel soit promis à une inévitable fin ? En le laissant tomber en ruine, en pressurant ses employés au-delà de toute décence, et en refusant tout investissement au point de nier les plus élémentaires notions de sécurité.

De sorte que, une fois le dernier centime tiré de la dernière production, les lieux eux-mêmes effraient les plus courageux repreneurs.

Une entreprise de démolition programmée, encouragée discrètement par tous ceux qui, promoteurs et élus, s’impatientent de s’approprier les lieux pour y bâtir des résidences de standing.

Unique grain de sable dans cette belle mécanique : les ouvriers de l’usine, qui refusent la fatalité et, en quête de réparation et du respect qu’on leur a refusé depuis trop longtemps, décident d’occuper les lieux.

Est-ce un documentaire militant ? Forcément, mais pas uniquement. Il est vrai que tout ce que l’on apprend, c’est de la bouche des ouvriers. Leurs patrons n’apparaissent jamais, et rares sont les intervenants extérieurs.

Ce documentaire n’a d’ailleurs pas été conçu en tant que tel. C’est parce qu’elle habitait le quartier que, intriguée par les slogans peints sur les murs, la réalisatrice s’est approchée des ouvriers pour finir par filmer leur occupation des lieux, sans savoir que ces images constitueraient son premier long-métrage à sortir au cinéma. D’une brûlante actualité, mettant en avant l’humain, son documentaire dénonce autant qu’il raconte. Car seuls ces ouvriers pouvaient faire revivre ces lieux qu’on jurerait laissés à l’abandon pendant des années… alors qu’ils produisaient encore de l’acide tartrique quelques mois auparavant, dans des conditions surréalistes.

Entier, sincère, avec humilité, chaque employé apporte avec ses mots son propre vécu, communiquant son incroyable attachement à cet outil de travail en déliquescence, sa fierté d’un savoir-faire. Au fil des anecdotes, des réflexions, et en dépit de quelques pardonnables longueurs, on saisit l’ampleur du désastre pour ceux qui étaient vraiment le cœur de cette usine.

Et c’est tout le drame du monde ouvrier que l’on voit se dessiner. Car il ne faut pas espérer de happy end pour ce film de genre : les ouvriers ont été déboutés de tous leurs appels et ont tout perdu.

Rétrospectivement, au-delà de ce cas très évocateur de fermeture d’usine - et des doutes qu’il attise sur les aptitudes d’institutions comme l’inspection du travail… c’est la violence du rapport patron/ouvrier qui marque durablement le spectateur. On se dit que tout cela rappelle des méthodes d’un autre âge…

Frédéric Lelièvre

Résumé

Durant plus de 140 jours, les ouvriers de Legré-Mante ont occupé « leur usine », leader sur le marché mondial d’acides tartriques, pour dénoncer une liquidation frauduleuse, manifester leur colère et réclamer justice.

Ils n’ont rien obtenu de ce qu’ils demandaient et on perdu aussi le procès en appel de la décision du tribunal de commerce qui avait prononcé la liquidation judiciaire.

Pourtant, quand on voit l’état d’abandon des bâtiments et des ateliers, pas besoin de beaucoup d’explications pour comprendre dans quelles conditions travaillaient les ouvriers de Legré-Mante.

Pas besoin non plus de beaucoup de preuves pour penser que cette fermeture était planifiée depuis longtemps, et cela pour des raisons de profit à court terme (en l’occurrence la vente du terrain idéalement situé face à la mer au pied du futur parc des calanques à Marseille).

Dans l’incroyable « décor » de leur usine liquidée, les ouvriers de Legré-Mante s’expriment comme les derniers survivants d’un monde que les spéculateurs voudraient voir disparaître.

Annonce du film par la CNT STICS13

Sujet: [Liste-syndicats] Film - Disparaissez les ouvriers!
Date : Sat, 19 May 2012 13:48:59 +0200 (CEST)
De : CNT - stics Bouches du Rhône <stics.13@cnt-f.org>
Pour : liste-syndicats@bc.cnt-fr.org

bonjour, bonjour,

juste pour dire qu’un camarade de longue date, Jf, de la CNT, est co-réalisateur de ce documentaire qui montre la grève, et surtout les conditions de travail délirantes, des ouvriers de l’usine Legré Mante a Marseille.

le film est sortit dans quelques salles hexagonales, il est, a l’occasion de certaines projections , précédé du film de Bruno Muel (groupe Medvekine) Le sang des autres..

en pj les soirées spéciales à paris, c’est maintenant!

et ci dessous les prochaines dates avec présence des réalisateurs,

  • 5 juin à Montbéliard (avec Christian Corouge)
  • 15 juin Utopia Avignon
  • 22 juin Utopia Montpellier

si ca intéresse un syndicat de visionner le film, de le projeter, etc… vous pouvez prendre contact avec nous!!

bien frat’ Tania Stics 13

CNT Stics 13
12 rue de l'évêché
13002 Marseille
Permanence les 3eme samedi du mois, 14h00/16h00
http://www.cnt-f.org/sam/
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