Joe Hill (1879-1915)

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Joe Hill

Joe Hill (né Joel Emmanuel Hägglund, et aussi connu sous le nom de Joseph Hillström; 1879-1915) est un chanteur engagé, membre du syndicat américain IWW (Industrial Workers of the World).

Exécuté pour meurtre après un procès controversé, il est devenu une figure des luttes sociales. Il est le sujet d’une célèbre folksong.

Né à Gävle dans la province du Gästrikland (Suède), Joe Hill est très rapidement orphelin, son père ayant été écrasé par un train de la compagnie pour laquelle il travaillait.

Il émigre aux États-Unis en 1902. Arrivé à New York, il déménage par la suite à Cleveland (Ohio) puis sur la côte ouest. Présent lors du Tremblement de terre de 1906 à San Francisco, il se joint aux Wobblies (IWW) vers 1910, alors qu’il travaille comme docker à San Pedro (Californie).

Écrivant des chansons engagées et des poèmes satiriques, Joe Hill continue à travailler dans divers États, sautant sur les trains de marchandise.

Au début de 1914, il travaille sur le tramway à la Silver King Mine à Park City (Utah), pas loin de Salt Lake City.

Le 10 janvier 1914, John G. Morrison et son fils Arling sont tués dans leur boucherie de Salt Lake City par deux personnes masquées par des bandanas rouges. Rien n’ayant été volé, la police croit d’abord à une vengeance personnelle, peut-être due au fait que le père Morrison est un ancien officier de police. Le même soir, Joe Hill se présente chez un docteur local avec une blessure par balle, qu’il ne veut pas expliquer. On présume que c’est lié à une affaire de cœur. Hill est finalement accusé du meurtre des Morrison, bien que niant toute implication et refusant de témoigner lors de son procès. Il est condamné pour meurtre, et la Cour suprême de l’Utah rejette son appel. Dans une lettre aux magistrats, Joe Hill refuse tout droit à l’État de l’Utah de s’enquérir sur les origines de sa blessure, qu’il considère comme une affaire exclusivement personnelle.

L’affaire prend une ampleur nationale. Le président Woodrow Wilson, Helen Keller et la Suède demandent la clémence, tandis que dans le monde entier les syndicats prennent sa défense. Le procès est accusé d’avoir été injuste. Des années plus tard, l’État de l’Utah reconnaît que, avec les nouvelles lois entrées en vigueur, Joe Hill n’aurait jamais été exécuté sur le fondement de preuves si légères.

Le dernier mot de Joe Hill, exécuté le 19 novembre 1915 par un peloton d’exécution, est « Fire! » (« Feu ! »). Juste avant de mourir, il écrit à Bill Haywood, un responsable de l’IWW : « Ne perdez pas de temps dans le deuil. Organisez-vous !