Réveil du bâtiment numéro 27, printemps 2012, numéro spécial “logement”

Bulletin de la CNT Construction Numéro spécial “logement”

Gestes de luttes

Malgré la dégringolade de ces dernières années qui a instauré un “régime de crise” ruinant des millions de personnes, les grands travaux d’aménagement des territoires n’en finissent pas de fleurir : nouveaux aéroports, remaniements urbains à grande échelle, liaisons ferroviaires transnationales de grande ampleur, complexes industriels liés aux nouvelles technologies.

Derrière ces travaux engageant des milliards d’euros il y a des groupes du BTP très puissants comme Vinci , Bouygues ou Eiffage, en situation de quasi monopole, en connivence avérée avec les décideurs politiques.

Derrière ces travaux il y a NOUS aussi, travailleuses et travailleurs de la construction.

Nous y travaillons, en vendant notre temps et nos savoirs-faire, en usant nos corps pour des projets dont on s’aperçoit bien souvent qu’ils sont rarement au bénéfice de tou.te.s mais plutôt au profit mégalomane de quelque uns.

Derrière ces travaux il y a aussi les populations concernées par ces projets autoritaires, et en premier lieu celles que l’on exproprie, à qui on impose le sacrifice de territoires entiers, la mise en péril de leurs ressources en eau, des nuisances de toutes sortes. Malgré la mascarade démocratique et les enquêtes publiques de façade, nombreux sont celles et ceux qui s’organisent pour s’opposer à ces projets : l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le TGV Lyon-Turin, ITER, la Grande Ile de Nantes, GIANT à Grenoble, etc.

Notre situation de travailleuses et travailleurs de la construction n’est ainsi pas facile, pris.e.s en étau que nous sommes entre des projets qui assurent nos revenus mais en même temps nous imposent des compromissions, et des populations qui s’opposent avec bon sens et légitimité et peuvent nous considérer comme leurs ennemi.e.s puisque nous sommes à la solde des multinationales…

En fait la situation n’est pas nouvelle et rappelle une fois de plus la nécessité de s’investir dans le champ syndical, afin de tempérer nos déchirements intérieurs, de nous retrouver pour affirmer notre solidarité avec celles et ceux qui luttent, pour revendiquer les quelques droits qui nous restent, pour réflèchir ensemble à une autre façon de travailler.