L’enjeu des retraites 25 mars 2010

Description

Les réformateurs et la plupart des opposants à la réforme actuelle des retraites, malgré leurs divergences, fondent leur diagnostic du prétendu « problème des retraites » sur les mêmes présupposés : nous subirions un choc démographique, il serait impossible d’augmenter les cotisations qui alimentent les retraites, c’est un prélèvement sur la valeur produite par les actifs qui financerait les pensions, la justice voudrait que le montant des pensions soit déterminé par la somme des cotisations versées du temps de son activité, etc.

Cet ouvrage répond à ces arguments et propose une tout autre analyse.

Et si le problème démographique était une illusion ? Et si les pensions de retraite n’étaient pas un revenu différé mais un salaire continué, lié à la qualification? Et si les retraités n’étaient pas des inactifs, comme le veut la statistique, mais des personnes différemment actives, enfin libres de travailler à l’écart du marché du travail ?

L’enjeu des retraites, c’est d’abord reconnaître et prolonger l’indéniable réussite humaine et politique des retraites.

C’est également mettre en débat le statut du salaire et de la qualification pour tous, ainsi que le rapport au travail que nous voulons promouvoir.

C’est seulement en posant de telles questions fondamentales que l’on pourra renouer avec les objectifs progressistes qui ont mené au système actuel et ouvrir une alternative sérieuse à la réforme en cours.

Articles

Grand spécialiste du salariat considéré non seulement comme l’ensemble numérique des salariés, mais aussi et surtout comme l’ensemble des institutions assurant aux salariés une protection face à la violence de leur subordination par le capital, l’économiste Bernard Friot est l’auteur d’un nouvel ouvrage, L’Enjeu des retraites (éd. La Dispute, 2010, 175 p.), qui propose une réflexion originale et tonifiante concernant notre système actuel de retraite par répartition, les attaques dont il est la victime depuis plus de vingt ans, et enfin les potentialités émancipatrices que la retraite salariée contient.

C’est d’ailleurs sur ce point-là que Bernard Friot se distingue particulièrement de tous les autres économistes hétérodoxes, antilibéraux et anticapitalistes qui, certes, critiquent à juste titre les « réformes » visant à affaiblir notre système de retraite, mais n’envisagent jamais celui-ci à partir de l’horizon qu’il ouvre en direction d’un avenir hors des rets de la domination capitaliste.