Stop masculinisme Grenoble (38) 9 mai 2013

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Sujet:  masculinistes au 1er mai : quelques éclaircissements
Date :  Sat, 11 May 2013 23:18:56 +0200
De :    emma <emma-g@boum.org>
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Masculinistes au 1er mai 2013 : quelques éclaircissements

A Grenoble, lors de la manifestation du 1er mai, nous avons eu la désagréable surprise de constater la présence de masculinistes.

Le « masculinisme » ? C’est un mouvement organisé d’hommes hostiles à l’émancipation des femmes, souhaitant conserver leurs privilèges et leur position de pouvoir au sein de la société. Certains ont récemment fait parler d’eux en occupant des grues à Nantes, d’autres en montant sur la cathédrale d’Orléans.

Ces actions spectaculaires ont malheureusement déclenché la sympathie des médias, et permis de mettre sous les feux des projecteurs un des thèmes favoris des masculinistes : les « droits des pères ».

Nous ne reviendrons pas ici en profondeur sur la dangerosité du discours masculiniste. Pour plus de précisions, vous pourrez vous référer à notre « petit guide d’autodéfense intellectuelle contre le masculinisme ».

Nous souhaitons en revanche apporter quelques précisions sur les évènements du 1er mai. La seule organisation masculiniste visible était l’association « père enfant mère », qui ne cache pas son soutien aux masculinistes montés sur les grues, et bénéficie d’un soutien institutionnel (membre du Conseil d’Administration de la Caisse d’Allocation Familiale, promotion dans le dossier d’Isère Magazine consacré aux familles monoparentales).

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une organisation d’extrême-droite, comme le communiqué de presse publié en réaction le laisse penser4.

Attention à ne pas tout mélanger : si tous les masculinistes souhaitent le maintien des privilèges des hommes, ils n’ont en revanche pas tous une approche traditionnaliste, nationaliste, raciste et xénophobe.

Dans le contexte de la mobilisation de droite contre le mariage pour tou.te.s, il ne faudrait pas non plus faire trop vite l’amalgame entre réactionnaires, homophobes et masculinistes, même s’ils sont nombreux à faire cause commune pour la défense de l’ordre hétéro-sexiste.

Tous les masculinistes ne sont pas des « fascistes ». Certains s’appuient même sur des positions « de gauche » (remise en cause des rôles traditionnels hommes-femmes, encouragement des hommes à exprimer leurs émotions et promotion du développement personnel…).

Le discours masculiniste est très diffus, les propos misogynes et antiféministes sont loin d’être l’apanage de l’extrême-droite.

Le 1er mai 2013, de nombreuses personnes ont demandé aux masculinistes de quitter la manifestation, jugeant à raison que leur présence était contradictoire avec les valeurs défendues ce jour-là.

Un homme qui défilait aux côtés de l’association «Père-enfant-mère» a alors violemment frappé un manifestant qui discutait avec lui. Et les masculinistes sont restés dans le cortège.

Face à cela, il faut :

  • s’informer de manière critique sur cette mouvance.

  • exiger l’arrêt immédiat des soutiens institutionnels aux organisations masculinistes5.

  • ne plus laisser libre cours aux discours et pratiques misogynes et antiféministes, à l’extrême-droite comme partout ailleurs.

Collectif Stop Masculinisme, Grenoble, 9 mai 2013.

emma
emma-g@boum.org