Pour une Commission Inter-organisations libertaires sur le sexisme en milieu militant

Les organisations libertaires, qu’elles soient syndicales ou politiques, n’échappent pas à des pratiques de sexisme en leur sein.

Le patriarcat formate les individus à avoir des comportements sexistes qu’il faut combattre : les femmes seraient éduquées pour être douces et soumises, les hommes pour être forts et virils, les personnes qui refuseraient ce partage binaire entre femme et homme seraient relayées comme malades ou marginales.

Etant conscient·es qu’il est nécessaire de lutter contre le sexisme dans nos pratiques et lieux militants, et qu’un agresseur peut passer d’une organisation à une autre pour fuir sa responsabilité [la responsabilité de ses actes - voir de les réitérer -], nous faisons la proposition suivante :

  • Etablir une charte commune pour des relations non sexistes ;

  • Définir un protocole d’accueil et de soutien inconditionnel des personnes victimes

  • Accompagner les personnes ayant agressé pour qu’elles comprennent leur comportement et s’engagent vers une sortie de ce type de comportement.

Ces différents axes ont pour but la prévention de toute violence sexiste et le cas échéant la gestion de celle-ci.

Les grandes idées qui fondent cette proposition :

  • Le sexisme est une idéologie qui repose sur l’idée d’une domination des uns sur les autres que nous devons nécessairement combattre. Ses manifestations sont très diverses : les stéréotypes, les blagues, les remarques, les injures, les discriminations, la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, le harcèlement sexuel, les violences, la cyber-violence, le viol, le meurtre.

  • Le sexisme est caractérisé autant par les agressions et violences physiques que les agressions et violences psychologiques.

  • Le constat que nous faisons, c’est que la victime disparaît de nos milieux militants, l’agresseur s’y maintient.

  • Dans toute relation militante, le consentement doit être requis. Il y a agression ou violence quand l’une des personnes montre son non consentement par une expression orale ou physique et que l’autre personne passe outre, ou qu’une personne est sous l’emprise d’une manipulation.

  • Aussi nous souhaitons nous engager dans l’identification et la reconnaissance des agressions et violences sexistes mais aussi dans l’éducation du milieu militant quant à ces pratiques sexistes.