Formation à l’autogestion

Attentes

  • autogestion dans des mouvements larges, en lien avec d’autres orgas
  • outils basiques, cadres formels dans les syndicats et les sections
  • comment injecter de l’autogestion dans des cadres qui ne le sont pas (CHSCT par exemple)
  • rapport entre autogestion et efficacité

Préambule

El: L’autogestion c’est des outils, mais aussi des lignes (comment porter un mandat, se comporter quand on n’a pas de mandat en intersyndicale par ex).

Outils pour prendre en compte les oppressions (double liste). Pose la question de l’identification des personnes minorisées de genre et racisées. Possibilité ; identification préalable auprès de la tribune, par ex pour les personnes trans qui le souhaitent, comme ça s’est fait à Grenoble dans les AG du mouvement contre la loi ORE. Ces outils sont imparfaits…

L: problème aussi dans les orgas autogestionnaires, de l’ancienneté: difficile de prendre une place, etc.

Es: Par contre, les cadres permettent par exemple d’avoir une garantie de pas se faire couper la parole…

El: la double liste simple est un minimum satisfaisant

Es: Question aussi du temps de parole

B: pb de la capacité à s’exprimer de façon rapide, synthétique, qui est inégalement répartie.

L: rôle de la personne qui modère ? Aider à synthétiser + couper court

Possibilité: Faire un bilan critique à la fin des réunions, à la fin des réus, des actions, des intersyndicales…

Admettre que parfois il est difficile de faire autrement dans l’urgence, mais toujours y réflechir pour prévoir les fois suivantes. Valable plus largement pour tout ce qu’on fait: faire un bilan rapidement (après les manifs par exemple).

Question des intersyndicales

Difficulté: d’autres orgas permettent de prendre des décisions sur le moment, alors que nous on vient avec des mandats, donc si quelque chose n’est pas prévu il faut faire comprendre qu’on peut pas décider. Aussi: comme on n’a pas de permanents, les horaires peuvent nous poser des difficultés.

L: outil ; être au moins deux mandaté.es. Toujours se demander si les discussions étaient suffisantes pour défendre les choses.

Permet aussi d’être plus à l’aise et d’être moins en difficulté quand on revient dans le syndicat. Importance de définir clairement ce qu’est un mandat, impératif, ouvert, semi,…

Aussi définir ce qui se passe quand il n’y a pas eu de discussions suffisantes, pas de retour, etc. Certains syndicats disent oui par défaut, alors que nous on a tendance à dire non.

Enjeu: arriver à tenir ces principes et à les faire comprendre dans les intersyndicales.

Difficulté en interne: prendre le temps et faire les efforts pour être sûr non seulement d’avoir un mandat clair et complet, mais aussi que tout le monde a bien eu la possibilité d’exprimer son avis. (dépend directement du respect d’un ordre du jour en réu)

Exemple des congrès de la CNT: Passage en revue du processus de dépôt des motions, des contre-motions. Modalités de vote, ordre du jour. Structure confédérale.

L: Plus généralement, y compris au congrès. Pourquoi voter ? Est-ce que le vote est autogestionnaire ? Question du consensus contre la majorité ?

B: vote comme dernier recours dans les syndicats, quand on peut pas faire autrement

N: nous on cherchait le consensus, et quand il n’y en avait pas on se demandait si c’était requis d’avoir une ligne. Si non, on n’avait pas de ligne et chacun portait ce qu’il voulait, individuellement. Si oui, on aurait voté (mais ça n’est pas arrivé).

L: problème quand il y a des décisions qu’on ne peut pas remettre indéfiniment, par exemple budgétaires, ou pour un local. Problème si égalité de vote. Difficile de voir parfois si la position affirmée est celle de l’individu ou du syndicat. Par exemple quand il y a des réponses très rapides par mail, qui montrent qu’il ne peut pas y avoir eu de consultations. Problème de la rapidité de décision. Du fait de prendre une décision quand on n’est pas assez nombreux.ses en réu.

N: évaluation en fonction des décisions, quand est-ce qu’on peut se satisfaire du fait de ne pas avoir eu d’objection exprimée (et au bout de combien de temps) ? Quand est-ce qu’il faut avoir une prise de position explicite ? De quelle part du syndicat ? Doit sans doute dépendre à la fois de la proximité avec des lignes solidement établies et souvent discutée, mais aussi du degré d’engagement impliqué par la décision.

L: Rediscuter à chaque fois après. Faire un tour de table en début de chaque réu: qu’est-ce qui s’est passé au travail ou dans la vie entre les deux réunions.

Mandaté.es des sections dans les syndicats: problème quand c’est toujours les mêmes personnes. Vient du fait de ne pas être assez nombreux.ses. Question plus générale du fait de faire tourner les mandats, d’autant plus important que ces mandats donnent du pouvoir, même minimes (secrétariat, représentants de section ou de syndicats, au sein de la conf ou avec les autres orgas).

Es: question de l’investissement personnel: faire partie d’un syndicat autogestionnaire c’est s’impliquer, participer aux réunions, prendre des mandats, contribuer aux décisions, etc.

E: enjeu ; faire venir les gens des sections aux réus des syndicats, au local, aux permanences.

L: priorité à l’investissement sur les adhésions et les cotisations. C’est sans doute une spécificité de la CNT.

Es: penser à alléger les difficultés à l’entrée: on comprend pas toujours d’emblée ce qui se passe en réunions, il faut insister, revenir, se former, etc. Procédure d’accueil Système de tour de table, qui aide à s’y mettre. Plus ou moins simple selon qu’on est dans une section, avec connaissance mutuelle des enjeux, ou dans une interco avec des secteurs différents.

El: certaines personnes qui rejoignent sont déjà formées, ou au moins au courant de ce que c’est. On vient chez nous parce qu’on nous cherche, en général, du moins à la fac à Grenoble.

L: importance de l’autoformation: accueil des gens, clés de bases du fonctionnement des syndicats (mais justement il faut les avoir clarifiées). Prend beaucoup de temps.

Em: plus donner la documentation qui existe, surtout que tout le monde n’ose pas poser des questions.

Commission antisexiste

El: Où est la commission anti-sexiste ? Quel est le rôle ? Quel est la marge de manœuvre au sein de la confédération ?

Es: Qu’est ce qui c’est passé avec la commission sexiste ?

B: Une victime de viol est allée voir la commission anti-sexiste qui l’a fait remonter à la conf lors du dernier congrès. La commission a été remis en cause car elle n’aurait pas du se mêler des affaires d’un syndicat, donc rupture du pacte confédéral d’indépendance des syndicats. Au CCN d’après, la commission anti-sexiste a été suspendue.

N: Dans les statuts, les commissions n’ont pas de caractère décisionnel et toutes les productions doivent passer à l’approbation des syndicats.

E: Donc les coms c’est les petites mains des syndicats.

B: Toutes décisions d’exclusion et de de-labélisation prend 2 ans.

N: Non tu peux suspendre en CCN. Mais il n’y a pas de modalité de suspension dans nos statuts.

B: Pour la fin de l’histoire, le syndicat n’a pas exclu le violeur mais lors de la fusion des deux syndicats XXXX et le syndicat YYYY la personne n’a pas ré-adhérée.

El: Du coup, en plus, le syndicat XXXX ZZZZ n’existe plus du coup toutes les actions ne sont plus justifiables. Qu’est ce qu’on peut proposer pour la confédération ? Est ce qu’on les exclu seulement ? Est ce qu’on l’exclue et on l’encadre, on l’accompagne de façon non punitive ?

B: Dans un milieu autogestionnaire, il faudrait un accompagnement parce qu’un agresseur n’a pas conscience d’être agresseur.

C: Il n’a même pas compris la notion de consentement.

El: On touche à des constructions sociales. Et la question de l’autogestion la dedans, on peut accompagner la personne si elle le demande mais il faut aussi l’accompagner si c’est pas le cas.

L: En plus dans nos milieux il y a le fait que l’on pense qu’on est formé parce qu’anti-sexiste et on n’est pas très enclin à exclure les gens. La on se pose la question parce que l’agresseur est dans nos rangs mais on ne pense pas à la situation de la victime.

El: Il y a pas de choses qui sont créées pour la victime mais pas non plus de choses sur l’exclusion de l’aggresseur. Dans le milieu autonome, il ya eu le cas d’un agresseur qui a été jugé et qui a eu une sentence sur le dédommagement des victimes, l’impossibilité de prendre position dans certaines structures, avec un suivi sur le long terme.

B: On ne communique pas sur les noms et on se le dit entre nous. Mais rien n’a été fait au niveau collectif et du coup il y a pas de cadre.

L: Aujourd’hui la commission anti-sexiste est remis en place mais elle ne fait rien car elle n’a pas de mandat.

Em: Il faut qu’il y ait unanimité dans le syndicat pour s’impliquer dans une commission. Et pour la commission antisexiste, il y avait de 2 syndicats. Ça montre les limites d’un fonctionnement aussi rigide.

El: Il y a un seul texte antisexiste dans les motions et c’est sur l’anti-IVG et l’autre cela mélange antiraciste et antisexiste. On a contacté le TDS31 qui avaient préparés 46 ou 47 motions pour voir.

L: Il y a deux stratégies, soient inondées de motions soient de rajouter une motion plus d’orientation.

Em: Il y a pas de juristes, des gens qui peuvent aider à écrire des motions ?

El: C’est chaud de se dire qu’on ait besoin d’être blindé, et de se retrouver fasse à des arguments bureaucratiques tout en disant qu’on est ok sur le fond.

L: En plus, personne à la CNT n’a osé dire qu’il n’y avait pas de problème de sexisme mais on fait comme si en tant que syndicat autogéré, on ne pourrait rien faire la dessus. En plus de ça, on a des gens qui ne sont pas d’accord d’avoir une grille de lecture intersectionnelle et qui disent qu’il n’y a qu’une seule oppression l’oppression de classe.

Les congrès confédéraux

Em: Du coup, tout est un peu décidé avant la réunion, avant les congrès.

B: Il y a toujours la discussion du temps que tu prends à ça c’est du temps que tu mets au autre .

Em: Si tu te sens pas concernée sur ces rapports de domination, il faut pas qu’il soit à la CNT.

El: Si il y a des gens qui ne voient pas qu’il y a un problème ou que la forme de domination existe, il faut développer l’autoformation.

L: Il y a aussi le souci que ces sujets ne sont pas dans les orientations de la CNT du coup, ça pose aussi la question de répondre aux gens qui disent que la lutte principale c’est la lutte des classes et que toutes les dominations disparaîtront quand le capitalisme tombera.

N: Il faut réimprimer des brochures et des affiches et reprendre l’espace public. Les congrès ne sont pas forcément des lieux de débats, et c’est pour modifier les statuts et les règles organiques.

Les ordres du jour

L: Il faut aussi jongler avec les contraintes de temps et du coup on a tendance à ne pas aller au bout des discussions et de nos ordres du jour.

Du coup, il faut aussi s’approprier l’établissement de l’ordre du jour pour mettre en premier les sujets sur lesquels nous devons avoir les discussions et les débats jusqu’au bout.

B: Sur la question du temps, on dit que c’est un défaut de l’autogestion mais c’est le prix à payer.

Mais il faut faire attention aux inégalités de temps car il y a des gens qui vont faire plein de truc parce qu’ils ont le temps et vont prendre beaucoup de place alors que d’autres qui n’ont pas le temps, vont s’exclure.

Par exemple, des gens avec un capital temps et ou culturel ont tendance à prendre des mandats confédéraux ou autres et c’est problématique dans une orga autogérée.

L: Il y a des outils pour laisser du temps aux autres, sur les tâches incompressibles (comme la garde des enfants).

Em: Est ce qu’on peut pas limiter les temps de parole ?

N: On a essayé en AG de limiter le nombre d’intervention mais du coup c’est les gens qui sont les plus à l’aise qui prennent la parole et ça ferme les débats.

B: En plus il y a des orgas qui ont un mode de fonctionnement pour monopoliser les débats et des interventions.

Em: On peut aussi limiter les temps de parole.

L: C’est ce qu’on a fait sur des sujets chiants, on s’est aussi dit qu’on limiterait nos temps de parole sur certains sujets.

N: En congrès, la présentation des motions se font avec un argumentaire et du coup ça permet de poser des questions pour éclaircir des positions si des mandats semi-ouverts.

L: C’est pour ça qu’il faut être au moins deux.

B: Comment on gère les interruptions en congrès ?

Em: Est ce qu’il y a des gens à la langue des signes ? Pour ne pas interrompre sur le débat principal ?

L: C’est la tribune qui fait circuler les tours de parole et qui gèrent les interruptions.

El: Lors d’une occupation d’un bâtiment avec des décisions visent avec une grosse unanimité moins quelques voix, sur des questions de non consommation de drogue et d’alcool mais qui n’étaient pas respecté dans les faits. Et du coup, on répétait la décision et on se retrouve dans une position de police. Et encore une fois en AG, tout le monde est d’accord mais ça tient pas.

N: On doit faire appliquer les décisions collectivement et même si on nest pas d’accord. On s’est aussi retrouvé avec une hiérarchie des organes de décisions sur les gens qui occupaient/vivaient qui se disaient plus légitimes dans l’organisation du lieu qui était à la fois un lieu de lutte et un lieu d’habitation Ma parole vaut plus que la tienne puisque j’y suis plus de temps.

On est anar du coup c’est interdit d’interdire.

Du coup, il y a besoin de ré-expliquer que des décisions d’interdiction prise en AG ont été décidé de façon horizontale et que c’est une décision collective et non un décision verticale et autoritaire.

Il y avait aussi un souci avec la tenue de la tribune qui était toujours tenu par la même personne qui tenait bien la tribune. La personne en question a organisé plusieurs sessions pour former à tenir la tribune et personne n’est venue.

B: Oui, c’est comme les mandats chiants sur lesquels on a tendance à laisser une personne faire si elle le fait bien alors que cela devrait tourner.

C: Il y a aussi des soucis de pédagogie, il y a des gens qui ont une spécialité mais qui n’arrivent pas forcément à la transmettre mais c’est un souci pour être dans l’auto-gestion.

Em: pour revenir aux sujets des motions, il faudra peut être remettre en avant le sujet d’auto-formation sur ces thèmes là.